[i558]                                              DE LA VILLE
Monsr Michon, conseiller, monsr Doujac, advo­cat, monsr Dulac,' advocat, mons' Brinon, monsr Guedon, monsr Sevyn, monsr Rozée, monsr
, monsr d'Espinay, m" Jacques Desprez, me Robert Daniel, monsr                , monsr Coulon,
monsr de La Roche, mc Charles Leconte, Anthoine Bourdereul, m" Vincent Maupeou, m* Jehan Gigault, m" Guillaume Morin, bourgeois.
Pour l'office de Procureur du Roy et de la Ville.
Estvenu enlad. compaignée led. maistre Jherosme Angenost, acompàigné dud. meLoys Dumoulin, le­quel Angenost a remonstré que parle conseil de ses parens, il avoit esté pourveu de l'estat de Conseiller en la .Court de Parlement W, et que à son grant re­gret il estoit contrainct de resigner sond, estat de Procureur du Roy et de lad. Ville, auquel il avoit eu de grandes peynes et labeurs depuis trois ans en ça, plus que autre eust sceu avoir de memoire d'homme, attendu le temps de guerre autant enflambée et con­tinuelle qu'on veist jamais cn France, declairant neantmoings qu'il resignoit sond, estâtes mains de Mess" au prouffit de mc. Loys Dumoulin, present ct acceptant, et non autrement, et allors se sont re­tirez. Ce faict, Mess" ont advisé que la coustume estoit de faire pareille resignations purement et sim­plement en leurs mains, et que led. Angenost le devoit ainsi faire. Sur quoy a esté mandé led. Ange­nost, et luy a esté declairé lad. deliberation, luy declairant que ce n'estoit pour luy faire tort. Lequel Angenost a dit à lad. compaignée qu'il se confioit taut à eulx que non seullement led. office, mais son corps et ses biens il meltoit entre leurs mains pour en faire à leur volunté; ce faict, s'est retiré.
Puis mond. sr le Prevost des Marchans a mvs la matiere en deliberation, et demandé l'avis et oppi-nyon aux assistans chascun cn particulier; et-a esté conclud par la plus grande ct seyne partie desd, as­sistans que lad. resignation devoit estre admise, et led. Dumoulin receu oud. estat de Procureur du "Roy et de lad. Ville, aux honneurs, previlleiges, franchises
DE PARIS:                                                      ll
et droitz aud. office appartenant, et dontjoissoit ct joist à present led.. Angenost, à la charge que led. Dumoulin n'aura nulle taxation et se contentera desd, gages, et excercera son office en personne sans vacquer à autre estat. Ce faict, ont esté mandez ct à eulx prononcé lad. conclusion, ct a esté led. Dumou­lin receu au serment qu'il a faict solempnellement cn la presence desd, assistans en la maniere acous­tumée.
Lettres envoyées à la Ville
PAR MONS' DE l'AUBESPINE.
11 novembre.
" Mess", pour ce que les depputlcz d'Espaigne font grande instance que l'article dont je vous envoyé une coppie soit mys au traicté qui se fera, si tant est qu'il plaise à Dieu que ceste compaignée face quel­que chose, et qu'il semble qu'il y aict quelque chose de caché, d'autant qu'il me souvient assez avoir veu par le passé quc noz subjeetz n'ont guerres esté fa­vorisez par delà, joinct qu'il pourroit en ceste géné­ralité estre prejudiciable à celuy que nous voullons retrancher des traictez passez, faisant mention de l'exemption que ceulx d'Artoys ont par deçà es mar­chandises qu'ilz en tirent, je vous prie, Mess", me escripre en toute dilligence et par la poste ce que vous povez savoir et entendre des franchises ct pre-vileges que les nostres ont de l'autre costé et dc ceulx que les leur ont par deçà, el vostre avis sur la consequence dud. article, affin qu'il soit donné ordre d'éviter le mal et le tort que cela pourroit porter aux subgectz du Roy, me recommandant humblement à voz bonnes graces, priant Dieu, Mess", vous donner bonne vie et longue.
«De l'abbaye de Sercamp <2), le xi°jour de No­vembre mil v" lvih. u
Vostre humble serviteur et amy, de L'Aubes­pine'3*.
Et au dessus : A Mess" les Prevost des Marchans et Eschevins de la ville de Paris.
C Jérôme Angenoust, qui occupait le poste de Procureur du Roi et de la Ville depuis le 29 août 155g, et non depuis 1552, comme le prétend Félibien, appartenait à une ancienne famille parlementaire. Il était fils de Pierre Angenoust, conseiller au Parlement, etde Louise Fumée, et fut reçu en.qualité de conseiller lai au lieu et place de Jacques Bouju, qui avait résigné ses fonctions le 16 dé­cembre 1558./(Archives nationales, Parlement de Paris, X1' i5go, fol. 120 r°.)
(2' L'abbaye de Cercamp-sur-Canche, de l'ordre de Citeaux, dans le Pas-de-Calais, arrondissement de Saint-Pol-sur-Ternoise, com­mune de Frevent, où s'abouchèrent les plénipotentiaires français et espagnols.
. (3) Claude de l'Aubespine, seigneur de Hauterive, secrétaire d'Etat de Henri II, fut l'un des négociateurs français chargés de né­gocier le traité de Cûteau-Cambrésis.                               .                                                                                                  •.,